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Russie unie conserve une large majorité, l'opposition dénonce des fraudes massives
information fournie par Reuters 20/09/2021 à 18:27

(Actualisé avec précisions, réactions)

par Andrew Osborn et Maria Tsvetkova

MOSCOU, 20 septembre (Reuters) - L'opposition russe a dénoncé lundi des fraudes massives à l'annonce du résultat des élections législatives de la semaine dernière en Russie, marqué par un score plus important qu'attendu pour Russie unie, le parti au pouvoir.

Russie unie, soutien du président Vladimir Poutine, a conservé une écrasante majorité parlementaire à l'issue d'un scrutin précédé d'une vaste campagne de répression des voix dissidentes, dont celles des partisans d'Alexeï Navalny, catalogués comme extrémistes par la justice en juin dernier.

Après dépouillement de 98% des bulletins de vote, Russie unie totalisait près de 50% des voix, loin devant les moins de 19% du Parti communiste, son plus proche adversaire, a déclaré la commission électorale. En 2016, le parti pro-Poutine avait recueilli 54% des suffrages.

Le parti nationaliste LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie) et le parti Russie juste ont obtenu environ 7,5% des voix chacun. Avec les communistes, ces trois formations soutiennent le Kremlin sur la plupart des grandes décisions.

La détérioration des conditions de vie et les accusations de corruption lancées notamment par l'opposant emprisonné Alexeï Navalny ont fragilisé le pouvoir russe, que ses rivaux accusent d'avoir eu recours aux intimidations et aux fraudes massives pour conserver sa majorité.

Les autorités électorales ont dit de leur côté avoir annulé les résultats dans les bureaux de vote où les irrégularités étaient évidentes, comme le bourrage des urnes, et assuré que les élections s'étaient dans l'ensemble déroulées de manière honnête. Le taux de participation du scrutin, qui s'étalait de vendredi à dimanche, s'est établi à environ 52%, selon la commission.

Vladimir Poutine pourra s'appuyer sur une majorité confortable des deux tiers à la Douma, la chambre basse du Parlement, jusqu'à l'élection présidentielle de 2024.

Le président russe a diffusé un bref communiqué pour remercier les électeurs.

Le Kremlin s'est félicité du résultat et a vanté des élections pluralistes, libres et honnêtes.

"Les communistes ont amélioré leur score et d'autres partis ont obtenu de bons résultats", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

"UN NOMBRE COLOSSAL DE VIOLATIONS"

Golos, une organisation de supervision des élections accusée par les autorités d'être un agent de l'étranger, a dénombré des milliers d'irrégularités, dont certains exemples filmés ont circulé sur les réseaux sociaux.

A Moscou, des militants communistes s'estimant floués par le scrutin ont appelé à manifester lundi soir sur une place de la capitale mais le site a été bouclé par la police.

Un candidat communiste, Mikhaïl Lobanov, donné largement en tête au fur et à mesure du dépouillement des bulletins de vote, a dit avoir soudainement appris que son rival de Russie unie lui était passé devant après l'addition des votes électroniques.

"Je sais que ce résultat est tout simplement impossible", a-t-il écrit sur Twitter.

Les candidats opposés à Russie unie dans la capitale étaient dans un premier temps donnés en tête dans plus de la moitié des circonscriptions mais tous ont perdu après l'ajout du vote électronique.

Empêchés de concourir, les partisans de Navalny avaient lancé une campagne en ligne pour appeler les Russes à un vote "tactique" en faveur des communistes.

"Avec un nombre aussi colossal de violations, les résultats des élections à la Douma d'Etat ne peuvent être considérés comme propres, honnêtes ou légitimes", a estimé Lioubov Sobol, alliée de Navalny.

A l'étranger, le département d'Etat américain a jugé que les conditions de ces élections n'avaient pas été libres et honnêtes, ajoutant que Washington ne reconnaîtrait pas le résultat du scrutin en territoire souverain ukrainien.

A Londres, le Foreign Office britannique a estimé que ces élections des 17-19 septembre représentaient un sérieux recul pour les libertés démocratiques.

"Les mesures prises par les autorités russes pour marginaliser la société civile, faire taire les médias indépendants et empêcher les candidats d'une authentique opposition de participer aux élections affaiblissent la pluralité politique et sont contraires aux engagements internationaux de la Russie", a estimé le ministère des Affaires étrangères britannique dans un communiqué.

(Avec Gabrielle Tétrault-Farber, avec Paul Sandle à Londres, Doina Chiacu et Lisa Lambert à Washington; version française Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse, édité par Bertrand Boucey)

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